
©Lucia Neri
Je construis des installations qui fonctionnent comme des organismes techniques. Elles associent des matériaux organiques, des structures industrielles, des fluides, des moteurs et des systèmes de circulation dans des ensembles où aucune forme n’existe de manière autonome. Chaque élément dépend d’un autre pour tenir, se déplacer, respirer ou se transformer. La relation précède l’objet. La technique occupe une place centrale dans mon travail. Je ne la considère pas comme un instrument destiné à produire de l’efficacité, mais comme un héritage qui façonne nos corps, nos gestes et nos modes d’existence. Les infrastructures, les réseaux, les dispositifs de maintenance et les machines constituent aujourd’hui notre milieu. Ils ne s’opposent pas au vivant : ils en prolongent certaines fonctions tout en le transformant profondément.
Mes sculptures empruntent leur langage à ces systèmes techniques tout en refusant leur idéal de performance. Elles ralentissent, s’épuisent, respirent difficilement, produisent des efforts disproportionnés, fuient ou semblent sur le point de s’interrompre. Leur fonctionnement demeure incertain. Elles ne cherchent jamais à accomplir une tâche ; elles témoignent de la difficulté de continuer à fonctionner. Cette non-fonctionnalité est essentielle. Elle ne renvoie ni à l’échec ni à l’inefficacité, mais à la possibilité d’une machine sensible. Une machine qui laisse apparaître son souffle, ses résistances, ses frottements, ses pertes d’énergie. Une machine qui ne dissimule plus les conditions de son existence mais les expose. Le moteur devient respiration, la vibration devient fatigue, la fuite devient circulation, le bug devient une manière d’habiter le système.
La défaillance rend visibles les relations qui soutiennent toute forme. Lorsqu’un mécanisme se dérègle, les dépendances apparaissent : les réparations, les béquilles, les contrepoids, les fluides, les gestes de maintenance. Rien ne tient seul. Chaque corps, chaque structure et chaque machine persistent grâce à un ensemble de soutiens souvent invisibles.
Cette question traverse également l’exposition elle-même. Une œuvre ne possède jamais d’autonomie. Elle dépend d’un espace, d’une architecture, de dispositifs techniques, de personnes qui la transportent, la montent, l’alimentent et la maintiennent. Ce qui fait œuvre n’est pas uniquement un objet, mais un ensemble de relations qui rendent sa présence possible. L’institution devient elle aussi une infrastructure vivante, faite d’interdépendances, de fragilités et de maintenances. Je pense la sculpture comme un système ouvert, capable de rendre perceptibles ces formes de coexistence. Mes installations ne représentent pas le vivant ; elles cherchent à partager certaines de ses conditions : la vulnérabilité, l’épuisement, la transformation et l’impossibilité d’exister seul. Dans cet espace où la technique cesse d’être transparente, la défaillance devient moins le signe d’un dysfonctionnement que celui d’une relation qui se révèle.
Anaïs Gauthier est née à Paris, elle vit et travaille entre Montreuil et Aubervilliers.
Anaïs Gauthier développe une pratique de la sculpture et de l’installation, explorant les relations entre formes organiques, infrastructures techniques et systèmes de maintenance.
Son travail a fait l’objet d’expositions personnelles, notamment à Bam Projects, Bordeaux (Interférences, 2025), au Pays où le ciel est toujours bleu, Orléans (Théorème du spasme, 2025), à Scroll Galerie, Nantes (Permanente Instance, 2024), aux Ateliers Vortex, Dijon (Opération Stase, 2023), au CAC Tignous, Montreuil (Défaillance Systémique II, 2021), ainsi qu’à La Générale Nord-Est, Paris (Défaillance Systémique I, 2021). Son travail a également été présenté dans de nombreuses expositions collectives en France et à l’international, notamment à Studio Home Awareness, Milan (2025), au 6B, Saint-Denis (2025), à Poush, Aubervilliers (2024, 2026), à Floréal Belleville, Paris (2024), au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne dans le cadre de la Biennale Artpress (2020), ainsi qu’au CRAC de Champigny-sur-Marne (2018).
Elle a été accueillie en résidence à la Cité internationale des Arts (Paris, 2026), à Poush (Aubervilliers, 2026), au Pays où le ciel est toujours bleu (Orléans, 2025), à Scroll Galerie (Nantes, 2024), aux Ateliers Vortex (Dijon, 2023), à Maison Artagon (2023), à La Générale Nord-Est (2020), à Villa Belleville (2018), dans le cadre de Création en cours des Ateliers Médicis (2017) ainsi qu’au Shandong Institute of Art and Design à Jinan, Chine (2016).
Son travail a reçu le soutien de la DRAC Île-de-France (AIC, 2026) et de l’ADAGP (Dotation de recherche, 2024). Elle est finaliste du Prix Art Éco-Conception Art of Change 21 × Palais de Tokyo (2025) et du 12e Prix de la Jeune Création (2022), et lauréate du Prix Jeune Créateur du Centre d’art Les Passerelles (2020).
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I create installations that function as technical organisms. They bring together organic materials, industrial structures, fluids, motors, and circulation systems within assemblages where nothing exists autonomously. Every element relies on another to support itself, move, breathe, or transform. Relation precedes the object. Technology occupies a central place in my practice. I do not see it as a tool for efficiency, but as a legacy that shapes our bodies, our gestures, and our ways of inhabiting the world. Infrastructures, networks, systems of maintenance, and machines now constitute the environment in which we exist. Rather than opposing the living, they extend and transform it. My sculptures borrow their language from these technical systems while resisting their ideal of performance. They slow down, become exhausted, struggle to breathe, exert disproportionate effort, leak, or seem on the verge of stopping. Their operation remains uncertain. They are never designed to accomplish a task; instead, they bear witness to the difficulty of continuing to function. This non-functionality is fundamental. It is neither failure nor inefficiency, but the possibility of a sensitive machine—a machine that reveals its breath, its resistance, its friction, and its loss of energy. A machine that no longer conceals the conditions of its existence, but exposes them. The motor becomes breath, vibration becomes fatigue, leakage becomes circulation, and the glitch becomes a way of inhabiting the system.
Failure makes visible the relationships that sustain every form. When a mechanism breaks down, dependencies emerge: repairs, braces, counterweights, fluids, and acts of maintenance. Nothing stands alone. Every body, every structure, and every machine persists through a network of often invisible forms of support. This question also extends to the exhibition itself. An artwork is never autonomous. It depends on a site, an architecture, technical infrastructures, and on the people who transport, install, power, and maintain it. What constitutes an artwork is not simply an object, but the network of relationships that makes its presence possible. The institution itself becomes a living infrastructure, sustained by interdependence, fragility, and maintenance. I think of sculpture as an open system, capable of making these forms of coexistence perceptible. My installations do not seek to represent the living; they attempt to embody some of its conditions: vulnerability, exhaustion, transformation, and the impossibility of existing alone. In the moment when technology ceases to remain transparent, failure becomes less the sign of malfunction than the revelation of a relationship.
Anaïs Gauthier was born in Paris and lives and works in Montreuil.
Anaïs Gauthier is a French artist whose practice focuses on sculpture and installation, exploring the relationships between organic forms, technical infrastructures, and systems of maintenance. Her work has been presented in solo exhibitions at Bam Projects, Bordeaux (Interférences, 2025), Pays où le ciel est toujours bleu, Orléans (Théorème du spasme, 2025), Scroll Galerie, Nantes (Permanente Instance, 2024), Ateliers Vortex, Dijon (Opération Stase, 2023), CAC Tignous, Montreuil (Défaillance Systémique II, 2021), and La Générale Nord-Est, Paris (Défaillance Systémique I, 2021). Her work has also been exhibited in numerous group exhibitions in France and internationally, including Studio Home Awareness, Milan (2025), Le 6B, Saint-Denis (2025), POUSH, Aubervilliers (2024, 2026), Floréal Belleville, Paris (2024), the Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne as part of the Artpress Biennale (2020), and the CRAC, Champigny-sur-Marne (2018).
She has participated in residency programmes at the Cité internationale des Arts (Paris, 2026), POUSH (Aubervilliers, 2026), Pays où le ciel est toujours bleu (Orléans, 2025), Scroll Galerie (Nantes, 2024), Ateliers Vortex (Dijon, 2023), Maison Artagon (2023), La Générale Nord-Est (2020), Villa Belleville (2018), Création en cours by Ateliers Médicis (2017), and the Shandong Institute of Art and Design, Jinan, China (2016).
Her practice has been supported by the DRAC Île-de-France (AIC Grant, 2026) and the ADAGP Research Grant (2024). She was a finalist for the Art Eco-Design Prize by Art of Change 21 × Palais de Tokyo (2025) and the 12th Young Creation Prize (2022), and received the Young Creator Prize from Les Passerelles Contemporary Art Centre (2020). Her works are held in public and private collections.
Solo Exhibitions
2025 Interférences, Bam Projects, Bordeaux (FR)
2025 Théorème du Spasme, Pays Où le Ciel est Toujours Bleu POCTB, Orléans (FR)
2024 Permanente Instance,Volet I, Scroll Galerie, Nantes (FR)
2024 Permanente Instance,Volet II, Scroll Galerie Garage, Nantes (FR)
2023 Opération Stase, Ateliers Vortex, Dijon (FR)
2021 Défaillance Systémique II, CAC Tignous, Montreuil (FR)
2021 Défaillance Systémique I, Générale Nord-Est, Paris (FR)
2018 Machinisme, Villa Belleville, Paris (FR)
2018 Fragile Altercation, Menuiserie Therdonne, Picardie (FR)
2017 Autour d’un bois, Création en cours des Ateliers Médicis, Clichy & Montfermeuil, Cuvier (FR)
2016 Robuste mais fragile, École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne, Lorient (FR)
Collectives exhibitions
2026 Rond Festival #2, cur. Simon Martin, Paslières (FR)
2026 Écouter sans les yeux, invitation Bettina Samson, Duu Radio, Paris (FR)
2026 Nexus, Cité internationale des Arts site Montmartre, Paris (FR)
2026 Journée Pro, Poush, Aubervilliers (FR)
2026 Fragments Portants, Platforme, Paris (FR)
2025 Soft architecture, cur. Inku sphere, Galerie Studio Home Awareness, Milan (IT)
2025 La collection#3, cur. Bam Projects, Bordeaux (FR)
2025 L’Antre Harmonique, cur. Marie Biaudet & Mickael Halley, 6B, Saint-Denis (FR)
2025 Prenez soin de vous, cur. Céline Poizat Sabari, Non fiction n°6, Cahier Central, Paris (FR)
2024 Crowfunding, cur. ATFU, Floréal Belleville, Paris (FR)
2024 Par la fumée, cur. Sandra Barré, Poush, Aubervilliers (FR)
2024 L’horizon des murs, cur. Carla Barkatz, Générale Nord-Est, Paris (FR)
2024 Double contrainte, Sculpture Paris Montreuil, Montreuil (FR)
2024 Trans-, cur. Depressed sound, System D, Malakoff (FR)
2024 Wall#5, cur. Togaether & ATFU, Galerie Au Roi, Nuit Blanche, Paris (FR)
2024 L’écoulement des choses, cur. Thyphaine Granger, Silo U1, Chateau Thierry (FR)
2024 Belleville Multiples, cur. Constanza Piaggio, Villa Bellevillle, Paris (FR)
2024 Homéostasis, cur. IESA, Julio Artist Run Space, Paris (FR)
2023 Bagarre n°3, édition Hyperbien, cur. Sophie Toulouse, Drawing Hotel, Paris (FR)
2023 Ravalement de façade, cur. Sophie Toulouse, Galerie Hyperbien, Montreuil (FR)
2023 Car rien d’autre ne pousse ici, cur. Marie Nonnis, Tour Orion, Montreuil (FR)
2022 De l’inconvénient de l’anamnèse, Sculpture Paris Montreuil, Montreuil (FR)
2022 12e Prix de la Jeune Création, Atelier Blanc, Saint-Rémy (FR)
2021 Intranquillité titillante, Galerie Paul Flury, Montreuil (FR)
2020 Après l’école – Biennale Artpress, cur. Romain Mathieu & Etienne Hatt, Musée d’Art Moderne MAMC+, Saint-Etienne (FR)
2020 Biennale Artpress, cur. Romain Mathieu & Etienne Hatt, l’Esadse/Cité du Design, Saint-Etienne (FR)
2020 Démesures variables cur. Phillipe Marcus, Centre d’art Les Passerelles, Pontault-Combault (FR)
2019 Les grands ensembles, Espace culturel Jean Durix Lambert, Juvisy-sur-Orge (FR)
2018 Une histoire de tout, cur. Lisa Eymet, Villa Belleville, Paris (FR)
2018 16e Biennale d’arts actuels, CRAC, Champigny-sur-Marne (FR)
2017 Biennale Jeune Création 017, Mulhouse (FR)
2017 Matérialité & corporalité workshop, Galerie EESAB, Lorient (FR)
2017 L’orient, les objets convoités, cur. Christelle Familiari & Odile Landry, Musée de la compagnie des Indes/Galerie EESAB, Lorient (FR)
2016 Émergence, cur. Marilynn Maurage, Galerie Pictura, Cesson-Sévigné (FR)
2016 Sans Artifice, cur. Christophe Desforges, La Poudrière, Port Louis (FR)
2016 La carte et le vase, Shandong Institute of art & Design, Jinan, (CHN)
2015 Art chemin faisant off, cur. Georges Peignard, Pont-scorff (FR)
2015 Emporté par le vent, cur. Georges Peignard & Odile Landry, Musée de la mer, Gavres (FR)
Residencies
2026 Cité internationale des Arts, Paris
2026 Poush, Aubervilliers
2025 Pays où le ciel est toujours bleu POCTB, Orléans
2024 Scroll Galerie, Nantes
2023 Ateliers Vortex, Dijon
2023 Maison Artagon, Vitry-aux-Loges
2020 La Générale Nord-Est, Paris
2018 Villa Belleville, Paris
2018 La Menuiserie, Therdonne, Picardie
2017 Création en cours, Ateliers Médicis, Clichy & Montfermeuil, Censeau
2016 Shandong Institute of Art and Design, Jinan, Chine
Acquisitions // Grants// Awards
2026 Lauréate de la Bourse AIC de la Drac Ile de France
2025 Finaliste Prix Art Eco-Conception Art of Change 21 & Palais de Tokyo
2024 Lauréate de la Dotation de recherche ADAGP
2024 Collections privées
2022 Finaliste 12e Prix de la Jeune Création, Atelier Blanc, Saint-Rémy
2020 Acquisition d’une œuvre par le fond d’art contemporain de la ville de Pontault-Combault
2020 Lauréate du Prix Jeune Créateur du centre d’art Les Passerelles, Pontault Combault
2019 Donation d’une œuvre au Fond d’Art Contemporain, Association Clinamen
2017 Finaliste du Marché Public: Création d’une œuvre d’art pour le nouveau bâtiment des archives, Vitré
Texts
Alexia Abed, curatrice & critique, Théorème du spasme
Sandra Barré, commissaire, Maintenance Soupir, Sirupeux Linceul
Elise Bergonzi, curatrice, Permanente Instance
Zélia Bajaj, curateurice
Lena Peyrard, commissaire d’exposition et critique d’art, Opération Stase
Samuel Marin Belfond, curateur, Double Contrainte
Lisa Eymet, curatrice, Défaillance Systémique
Romain Mathieu, critique pour Art Press & commissaire, Escarpolette
Publications
Laura Revue, coordination Carin Klonowski, 2026
Catalogue FACAC, Association Clinamen, 2025
Catalogue Théorème du spasme, POCTB, 2025
NonFiction n°6, 2025
Bagarre n°3 édition Hyperbien, 2023
Numéro spécial Artpress texte de Romain Mathieu septembre-octobre, 2020
Catalogue de la Biennale d’arts actuels du CRAC, 2018
Catalogue première édition Création en cours, 2017
Catalogue Biennale jeune création Mulhouse, 2017
Catalogue EESAB diplômé.e.s, 2016
Press // Conferencies
KUBA Paris 2025
Critique.org 2025
O Fluxo Platform 2025
Saliva live 2025
Orléans Mag 2025
Journal des arts 2024
Bonjour Pantin 2024
Radio POUSH échange avec Sandra Barré, commissaire et chercheuse 2024
Madame figaro 2024
Club Theory 2024
Projet média 2024
Seinesaintdenis.fr 2024
KUBA Paris 2024
O Fluxo Platform 2024
YYYYMMDD 2023
Saliva live 2023
Findart Platform 2023
Seize Mille 2023
In.solite Magazine 2023
Point Contemporain Opération Stase octobre 2023
Echange/conférence avec Pierre Ancet, philosophe et directeur de l’université pour tous de Dijon, aux Ateliers Vortex
Bien Public Opération Stase 2023
Artfacts 2023
Sparse magazine octobre 2023
Artais Art Contemporain par Marie de La Fresnaye 2020
Conférence à l’EESAB, 2017
Studies
2016 DNSEP Art, félicitations du jury, l’EESAB
2014 DNAP Art à l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne
2012 BTS communication visuelle, Eugénie Cotton, Montreuil