ecraseuse

 ÉCRASEUSE, 2015
deux pots de fleur, bois travaillé au tour à bois, métal, poids en métal
2.4 m x 1.1 m
Cette sculpture repose sur un équilibre précaire dont on peut voir les astuces dans la fente entre les deux pots de fleurs. Les poignées interviennent en bas, vers le sol, comme la seule façon de nous saisir de cette forme, nous placer dans une position inconfortable pour la tenir ou la retenir

godot

GODOT
2016
chaussures d’homme recouvertes de plâtre avec empreinte
Godot évoque notamment le terme d’argot Godillot signifiant des grosses chaussures, robustes et souvent usagées par les diverses conditions auxquelles elles sont confrontées. Ici, les chaussures sont recouvertes comme enlisées de plâtre, matériaux de construction, qui garde l’empreinte d’alvéole que l’on retrouve dans les rayons de ruche. Ainsi l’activité fait trace sur le vêtement qui par extension parle directement de l’individu. La question de la mise en relation ou de la tension qu’il peut y avoir entre urbanisation et activité d’élevage est abordée par le poids, l’immobilité ou la difficulté d’avancer. Alourdies, ces chaussures abordent également un ressenti physique qui par la pénibilité ralenti les initiatives individuelles.

cinebulle

CINEBULLE
2014
bâche cousue avec différents fils de couleur, métal, deux sèche cheveux
1.6 m x 0.8 m x0.6 m
Cette sculpture questionne le mouvement avec des moyens réduits. Un contraste entre l’air ambiant et l’air chaud des sèche cheveux permet le gonflement de la bâche qui sert à protéger les sols ou autre lors de travaux. Les objets du quotidien sont détournés pour convoquer de la poésie et une surprise. La forme de la structure en métal, courbés laisse imaginer un léger balancement.
Mes recherches sculpturales tendent à mettre en jeu la notion du corps dans l’expression de sa fragilité ou des ambiguïtés qui l’habitent. Il est évoqué par des objets du quotidien, par des structures aux dimensions humaines ou encore par des formes drapées. Les dimensions d’un individu sont plus largement une façon d’aborder ce qui est en relation avec le corps et son individualité. Je m’intéresse notamment à la question d’habitat en considérant l’espace et le corps comme indissociables. Je crée des parallèles et des déplacements entre les constructions individuelles, les structures émotionnelles et des structures formelles. Je m’inspire de certaines caractéristiques morphologiques d’architectures notamment religieuses en les transposant avec de nouveaux matériaux et une échelle réduite, reposant sur les dimensions d’un individu. Ces architectures m’intéressent en tant que lieu de passage qu’ils représentent mais aussi pour les moyens qui ont été mis en œuvre pour immerger les individus dans une élévation. La diversité des matériaux que j’utilise tendent à créer une tension.
Le mouvement irrigue ma réflexion, il est aussi bien réel à l’aide de moteurs qu’imaginaire ou suspendu dans le temps. Les mouvements sont circulaires, répétitifs ou stagnants. Ils laissent parfois des traces ou la sensation d’être dominé et entraînent une altération. Malgré une robustesse apparente, la transformation d’une forme par la chaleur ou son usure accélérée par un martèlement tend à évoquer l’éphémère, une fragilité et une mutation possible. J’occupe l’espace par des structures, telles des lignes dans l’espace non recouvertes et qui prennent de la place, notamment par du vide. Les structures immobiles soutiennent et empêchent la chute des éléments fragiles autant dans leur mise en espace que dans leurs pores.