Mes recherches sculpturales tendent à mettre en jeu la notion du corps dans l’expression de sa fragilité ou des ambiguïtés qui l’habitent. Il est évoqué par des objets du quotidien, par des structures aux dimensions humaines ou encore par des formes drapées. Les dimensions d’un individu sont plus largement une façon d’aborder ce qui est en relation avec le corps et son individualité. Je m’intéresse notamment à la question d’habitat en considérant l’espace et le corps comme indissociables. Je crée des parallèles et des déplacements entre les constructions individuelles, les structures émotionnelles et des structures formelles. Je m’inspire de certaines caractéristiques morphologiques d’architectures notamment religieuses en les transposant avec de nouveaux matériaux et une échelle réduite, reposant sur les dimensions d’un individu. Ces architectures m’intéressent en tant que lieu de passage qu’ils représentent mais aussi pour les moyens qui ont été mis en œuvre pour immerger les individus dans une élévation. La diversité des matériaux que j’utilise tendent à créer une tension.
Le mouvement irrigue ma réflexion, il est aussi bien réel à l’aide de moteurs qu’imaginaire ou suspendu dans le temps. Les mouvements sont circulaires, répétitifs ou stagnants. Ils laissent parfois des traces ou la sensation d’être dominé et entraînent une altération. Malgré une robustesse apparente, la transformation d’une forme par la chaleur ou son usure accélérée par un martèlement tend à évoquer l’éphémère, une fragilité et une mutation possible. J’occupe l’espace par des structures, telles des lignes dans l’espace non recouvertes et qui prennent de la place, notamment par du vide. Les structures immobiles soutiennent et empêchent la chute des éléments fragiles autant dans leur mise en espace que dans leurs pores.